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Étude de cas 17 août 2026 7 min de lecture

Zompa Design : l'article qu'elle a publié elle-même ramène 20 des 49 clics Google du site

Un studio de graphic props quitte Webflow pour un site bilingue qu'il pilote seul : le contenu, le journal, et le suivi du temps et de la rentabilité au même endroit. Les chiffres des dix premiers jours, sans arrondi.

zompa.fr
Site de Zompa Design, studio de graphic props

Le site de Zompa Design, studio de graphic props

Laurie fabrique des accessoires graphiques pour des mondes qui n'existent pas. Un faux journal d'époque, une affiche de spectacle jaunie, un carnet de bord retrouvé dans une cabine de sous-marin. Ce sont les objets qu'on manipule dans un escape game, qu'on découvre dans un parc à thème ou qu'on voit passer trois secondes à l'écran, et qui font qu'on y croit.

Elle avait un site Webflow. Il fonctionnait. Le problème n'était pas là.

1. Un métier qui parle anglais, un site qui ne parlait que français

Le premier écart était linguistique. L'ancien site était intégralement en français, alors que le secteur de l'immersif, lui, travaille en anglais. Un producteur qui cherche un studio de graphic props ne tape pas sa requête en français, et une fois arrivé sur la page il n'a aucune raison de rester.

Le deuxième était plus sournois : chaque modification passait par quelqu'un. Ajouter un projet, corriger une légende, publier un article, tout demandait de rouvrir l'outil, de retrouver le bon gabarit, ou de demander de l'aide. Résultat classique, que je vois sur presque tous les sites que je reprends : le site vieillit parce que le modifier coûte trop cher en énergie.

Et le troisième n'avait rien à voir avec le site. Laurie pilotait son activité dans deux Google Sheets : un pour savoir combien de jours chaque projet allait lui prendre les semaines suivantes, un autre pour vérifier après coup si le projet avait été rentable. Deux fichiers séparés, remplis à la main, jamais à jour en même temps.

2. Le site : bilingue, et surtout modifiable sans moi

On a reconstruit le site de zéro, avec l'anglais par défaut et le français comme deuxième langue. Chaque page existe dans les deux langues, avec sa propre adresse, et les balises qui disent à Google laquelle servir à qui. Le portfolio publie aujourd'hui six projets détaillés, plus un septième annoncé comme à venir.

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Anglais par défaut, français complet

Deux versions réelles du site, une adresse par langue, et les balises hreflang pour que Google serve la bonne page au bon visiteur.

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Un portfolio par projet

Six pages projet publiées, chacune avec son texte et sa galerie, plus un projet annoncé comme à venir.

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Un journal qu'elle alimente seule

L'ancien blog a été récupéré avant l'extinction du site Webflow, et les anciennes adresses d'articles renvoient vers le nouveau journal.

🔑

Tout est éditable depuis son espace

Textes, projets, photos, articles : elle publie sans passer par moi, et la mise en ligne se fait toute seule.

Le point que je veux souligner, c'est le dernier. Sur un site vitrine classique, l'espace d'administration sert à corriger une faute de frappe deux fois par an. Ici il fallait qu'il serve tous les jours, parce que le portfolio d'un studio créatif n'a de valeur que s'il montre le dernier projet, pas celui d'il y a deux ans.

3. Les deux tableurs qui ont disparu

C'est la partie du projet qui n'a rien à voir avec un site vitrine, et c'est celle dont je suis le plus content. Dans le même espace d'administration, à côté des textes et des projets, il y a maintenant un écran de pilotage.

Il fait deux choses. D'abord la charge à venir : une ligne par projet, une colonne par semaine, le nombre de jours prévus dans la case, et le calcul immédiat des jours encore libres. Ensuite la rentabilité réelle : le temps qu'elle pointe déjà dans Toggl remonte automatiquement, projet par projet, et se confronte à ce que le projet a rapporté. Elle voit l'écart entre ce qu'elle avait prévu et ce qui s'est vraiment passé.

Deux principes ont guidé la construction. Le premier : on ne réinvente pas ses règles de calcul. J'ai repris à l'identique les formules de ses tableurs, y compris une approximation qu'elle connaît et qu'elle assume, pour que les chiffres du nouvel écran correspondent aux anciens dès le premier jour. Sur ses vraies données, les huit totaux d'heures et les trois valeurs de jours disponibles tombent à la virgule.

Le second : on annonce les limites plutôt que de les cacher. L'API de Toggl refuse de renvoyer plus de trois mois d'historique. Plutôt que de faire semblant, l'écran affiche noir sur blanc que la reprise s'arrête à quatre-vingt-huit jours. Un outil qui ment sur sa profondeur de données est pire qu'un tableur.

4. Les chiffres des dix premiers jours

Le site est public depuis le 7 août 2026. Les chiffres ci-dessous couvrent la fenêtre du 7 au 16 août, soit dix jours, et viennent de Google Search Console et de la mesure d'audience du site. Aucune estimation.

49

Clics Google (10 j)

1 006

Impressions (10 j)

20

De ces clics via 1 article

99

Score de vitesse

Le 12 août, cinq jours après la mise en ligne, Laurie a publié un article dans son journal. Pas moi, elle, depuis son espace, dans les deux langues. Le sujet : ce qu'une affiche du dix-huitième siècle annonçant une éclipse peut apprendre sur la fabrication d'un faux document crédible.

Quatre jours plus tard, cet article est la première page du site dans Google. Il ramène 20 des 49 clics de la période, soit plus de 40 pour cent, en position moyenne 3,3 sur sa version française. Aucune page de projet, aucune page de présentation n'en fait autant sur la même fenêtre.

Le reste du tableau, en toute honnêteté. Sur son nom, « zompa design », le site est en position 1 avec un taux de clic supérieur à 70 pour cent, ce qui est normal pour une requête de marque et ne prouve rien sur la conquête de nouveaux clients. Sur les requêtes métier du type « accessoire escape game », il y a pour l'instant une poignée d'impressions et zéro clic. Côté audience, 142 visiteurs et 263 pages vues sur les dix jours, mesurés sans cookie, donc sans bandeau de consentement à afficher.

Dix jours, c'est court. Beaucoup trop court pour parler de résultat SEO. Je publie ces chiffres parce qu'ils sont vrais aujourd'hui, pas parce qu'ils prouvent quoi que ce soit sur le long terme. Je referai le point à quatre-vingt-dix jours, comme pour les autres études de cas de ce journal.

5. La leçon : un site qu'on peut nourrir soi-même bouge plus vite

On m'achète souvent un site comme on achète une vitrine : elle est belle le jour de l'installation, et on n'y touche plus. C'est exactement le scénario qui produit, trois ans plus tard, un site à refaire.

Ce qui s'est passé ici est l'inverse, et ça n'a rien d'un hasard. La page qui performe le mieux n'existait pas le jour de la mise en ligne. Elle a été écrite par la personne qui connaît le métier, publiée sans intermédiaire, cinq jours après. Si publier avait demandé de m'envoyer un mail et d'attendre, cet article n'existerait probablement pas encore, et le site ferait 29 clics au lieu de 49.

La même logique vaut pour la partie pilotage. Un tableur, on finit toujours par ne plus le remplir. Un écran qui se met à jour tout seul avec le temps qu'on pointe déjà, on le regarde. La question à se poser avant de commander un site n'est donc pas seulement « à quoi va-t-il ressembler », mais « qu'est-ce que je pourrai faire dedans tout seul, le mardi matin, sans appeler personne ».

Marc Muller

Marc Muller

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